Diaspora

La présentation du Vodou dans sa dimension folklorique par le groupe Zantray au camp international des chrétiens de IYF à Santiago de los Caballeros, R.D.

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Rien n'est plus louable que lorsqu'un peuple s'identifie aux matériaux culturels qui composent son identité. Car, dit-on, ce qui fait la force d'un peuple, c'est la grandeur et le potentiel de sa culture. En effet, je viens d'irriguer mes entrailles d'un haut fait culturel et qui, du même coup, m'incite, sans fausse modestie, à le partager avec vous chers lecteurs et chères lectrices.

Chaque année, IYF (Fraternité internationale des jeunes) réalise des camps internationaux dans différents pays où plusieurs nations présentent leurs cultures (chorégraphies, danses, musiques etc.).C'est ainsi que dans cette activité le Groupe Ballet Folklorique Zantray, composé de jeunes étudiants et de professionnels haïtiens séjournant et travaillant à Santiago de los Caballeros, République Dominicaine, a pu offrir, le dimanche 25 août dernier, une performance exceptionnelle.

Sous le regard curieux de plus de 2000 participants venant d'horizons divers, le groupe Zantray a présenté le Vodou dans sa dimension folklorique. Il est souvent dit que quand les haïtiens écoutent les sons du tambour, peu importe où ils sont, ils se mettent à danser, mais ce dimanche 25 août, les haïtiens n'étaient pas les seuls à danser sous les coups vibrants du tambour, toutes les autres nations présentes, même les plus réticentes et conservatrices, se sont mises à danser de façon frénétique au point que, moi-même, de là où j'étais assis, je me suis laissé emporter dans un élan contemplatif. Qu'il est délicieux de voir des gens de cultures différentes unissant leur joie autour du fabuleux son spirituel sortant des entrailles cent fois millénaires du tambour vodou ! Sans oublier de mentionner spécialement la joie des dominicains qui ont accueilli cette ambiance folklorique sans réserve aucune : ils dansaient, hurlaient et se soulaient de joie!

campamento-zantrayEn dépit du fait que les membres de ladite organisation ont censuré certaines parties qui leurs ont été insaisissables dans la chorégraphie, le groupe ballet folklorique, de son côté, n'a pas caché la valeur de sa culture. Zantray a su défendre, avec élégance, son originalité culturelle et spirituelle en surmontant la naïve censure dont il a été victime. Ces jeunes talents ont pu montrer que l'une des meilleures façons de se sentir haïtien c'est d'assumer ce grand héritage qu'est le Vodou. Et pour récompense, des applaudissements jaillissaient comme de véritables coups de tonnerre au Gran Teatro del Cibao de Santiago après leur prestation ! Un festival de bravos à Zantray !

Après la prestation du groupe dans l'amphithéâtre du Grand Théâtre de Cibao de Santiago l'ambiance ne s'est pas arrêtée ; elle a pris le grand air. On retrouve, cette fois-ci, le groupe sur la grande cour pour le prolongement du spectacle, avec une foule en transe trainée en douceur par la sagesse du vieux tambour envahissant la grande cour du Gran Teatrod del Cibao. Un Rara en plein cœur de Santiago ! Ceux-là qui ne savent pas danser le ballet folklorique haïtien, improvisaient, suivant le rythme du tambour, leur propre danse. Du coté des dominicains, de leurs corps, ils s'appropriaient la vibration rythmique du tambour pour danser le Bachata !

Des prises de photos par ci par là ! L'on filmait par ci par là ! Ce fut un moment de grandes ambiances avec des vrais échanges culturels et spirituels. Toutefois, ce qui me rend satisfait jusqu'à présent c'est l'autorité naturelle avec laquelle le groupe s'est imposé. Ce sont des jeunes conscients, pleins de talents. Ils bridaient les mauvaises images qu'on véhicule le plus souvent à l'encontre de cette religion, qu'est plus qu'une simple religion, (Vodou) aussi vieille que le temps.

C'est une des plus belles leçons que ce groupe ait eue à donner au camp ! Et ils se sont acquittés de leurs tâches sans ambages ! Zantray a pris naissance le 1er février 2012 suite à l'intérêt commun que plusieurs jeunes haïtiens ont manifesté ensemble. Le nom, Zantray, même du groupe nous permet de comprendre la position de ces jeunes qui sont bourrés de talents, d'énergies... En effet, pour ces artistes, le nom Zantray signifie une volonté consciente d'assumer toutes les valeurs folkloriques issues de la matrice culturelle haïtienne. Une gifle pour les haïtiens qui jugent malsaine cette part ancestrale de notre moi collectif que symbolise le Vodou !

Je dois, par-dessus tout, pour finir, souligner que, bien avant la prestation du groupe, les organisateurs ont profité de projeter des images mettant à l'honneur Haïti dans sa magnificence et sa splendeur afin d'inciter les gens à visiter ce presqu'île vieux de 209 ans. Toutes les nations qui ont pris part à cette singulière activité spirituelle ont su, à travers la culture, sculpter leur passage dans les pierres du Gran Teatro del Cibao.
Ayibobo pour le Groupe Ballet Folklorique Zantray d'avoir présenté la culture du Peuple Haïtien avec dextérité et science!

Claude Sainnécharles,
poète-écrivain.
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