Economie

La corruption du London Interbank Offered Rate (LIBOR) par le LIBOR (1re partie)

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Le nom Libor vient du fait que cet exchange est situé à Londre ou se trouve  le plus grand centre financier du monde

Par Leslie Péan *

La disjonction actuelle entre le produit intérieur brut (PIB) mondial et les marchés financiers est une entorse au bon sens qui, de surcroît, cause d’énormes déchirements à l’humanité tout entière.

Tandis que le PIB mondial est de l’ordre de 70 mille milliards de dollars, les marchés financiers « brassent » des fonds de l’ordre de 1200 mille milliards de dollars.

Dans l’ensemble de ces marchés, 800 mille milliards dépendent de la boussole que constitue le London Interbank Offered Rate (LIBOR), taux interbancaire offert à Londres. Taux de référence sur lequel sont alignés l’Euribor, le Tibor pour l’Europe et le Japon (Tokyo) ainsi que d’autres taux d’intérêt clés des grandes places financières du globe. Par exemple, le LIBOR sert, entre autres, à déterminer les taux d’intérêt pour les 12 millions de dollars de prêts hypothécaires à taux variables (Adjustable-Rate Home Mortgage ou ARM) d’une valeur de 3,5 mille milliards de dollars consentis depuis 2002 sur le marché américain [1].

Le LIBOR a été l’objet d’une corruption sans précédent, affectant les prix du crédit à l’échelle mondiale.

L’expression « corruption du LIBOR » désigne autant les manipulations frauduleuses du mode de détermination du LIBOR par les 16 plus grandes banques internationales du monde que la propagation de ses effets par le biais des marchés financiers.

Les premiers soupçons de cette forfaiture, qui ont été évoqués par des économistes de la Banque des règlements internationaux [2] lors de la crise financière de 2008, ont été confirmés le 27 juin 2012 par la Barclays Bank. Cette corruption a détruit la confiance sur laquelle reposent les milliers de milliards de dollars de lignes de crédit et de produits dérivés du crédit.

Cette situation représente non seulement un problème pour la sécurité et la stabilité de la planète, mais elle constitue une voie abyssale autant pour les pays industrialisés que pour les moins développés à la recherche d’une croissance capable d’améliorer les conditions misérables de vie de leur population.

Le volume exact des transactions fondées sur le LIBOR est inconnu, car la plupart des achats et des ventes sont des opérations bilatérales réalisées de gré à gré [over-the-counter (OTC)]. Les estimations les plus crédibles donnent à penser que le LIBOR est utilisé pour déterminer les intérêts produits par 10 mille milliards de dollars de prêts commerciaux, 350 mille milliards de dollars de produits dérivés négociés de gré à gré et plus de 400 mille milliards de titres à termes libellés en eurodollars et d’options négociées sur des bourses.

En dépit des interventions de Joseph Stiglitz, alors président du Conseil des conseillers économiques sous le président Clinton, les puissances de l’argent ont mis tout leur poids dans la balance pour empêcher la réglementation des achats et des ventes de produits dérivés faits sur les marchés [3].

La stratégie vaudou de Wall Street

La corruption du LIBOR, en tant que scandale financier du siècle, a provoqué des réactions de la part de Ben Bernanke, président de la banque centrale des États-Unis (la Federal Reserve ou FED), qui y voit une « situation très préoccupante » susceptible de « saper » la confiance dans les marchés.

En s’exprimant ainsi durant une audition devant la Commission bancaire du Sénat américain le 17 juillet dernier, le banquier central avait sans doute en tête les rapports entre le LIBOR et les swaps de taux d’intérêt. Car, si la corruption opérée par le LIBOR, du fait d’une sous-estimation par exemple de deux points de base, c’est-à-dire 0,02%, garantit aux banques commerciales des profits considérables, les conséquences de cette corruption risquent de causer de graves préjudices au système financier.

En considérant un marché quotidien de 450 mille milliards de dollars, soit 75% de la valeur moyenne des transactions notionnelles des cinq dernières années [4], les préjudices pourraient atteindre 2 mille milliards de dollars pour les banques.

Comme l’explique Matt Taibbi, « la manipulation du LIBOR est un crime qui consiste à voler le public tout en créant des primes pour les banquiers. En abaissant artificiellement les taux d’intérêt, les banques exercent une incidence négative sur les rendements des placements à taux variable des villes, des pays et des organismes publics [5]. »

Selon le Financial Times [6], la corruption du LIBOR remonterait à 1991.

Les doléances des entreprises détentrices de dépôts qui risquent d’intenter des procès au titre des manques à gagner subis pourraient donc s’étaler sur au moins deux décennies.

Par exemple, si l’on considère que les taux des dépôts à terme rattachés au LIBOR ont diminué, entre mars 2007 et mars 2009, de 30 à 40 points de base (0,3 à 0,4%), le manque à gagner sur un montant de 50 mille milliards de dollars de dépôts, serait de 300 milliards de dollars pour ces deux années.

Mais le gouverneur Bernanke a aussi d’autres raisons d’être préoccupé.

Le ministre des Finances américain, Timothy Geithner, n’a-t-il pas avoué qu’il a utilisé le LIBOR pour prêter à des taux très faibles [7] ? Geithner était alors président de la FED de New York et il a utilisé le LIBOR pour établir le taux des opérations de sauvetage (bail out) de la compagnie d’assurances AIG, des firmes de courtage de Wall Street et des banques américaines.

Pourtant, il était au courant des manipulations du LIBOR par la Banque d’Angleterre et les banques internationales définissant le taux quotidien de ce taux central des marchés monétaires. Il est légitime de se demander pourquoi le régulateur s’est mis du côté des fraudeurs. Surtout depuis que, comme l’a souligné le prix Nobel Paul Krugman, les superstitions des charlatans se révèlent en plein jour dans « les stratégies vaudou de Wall Street » [8].

L’indicateur de liquidités utilisé dans le cadre de la politique monétaire est donné par l’écart entre le taux d’intérêt des bons du Trésor américain à trois mois et le LIBOR à trois mois, écart connu sous l’appellation de TED (« Treasury-EuroDollar »).

Cet indicateur a fluctué entre 0,50 et 1 de janvier 2009 à mai 2012. Lorsqu’il a atteint le niveau élevé de 4,60 le 10 octobre 2008, il a déclenché une vraie panique dans les milieux financiers de la planète.

Seul le LIBOR, avec ou malgré la corruption dénoncée par les analystes précédemment cités, pouvait alors sauver le système capitaliste de l’effondrement en vue. D’où la décision de la banque centrale américaine (la FED) d’utiliser ce taux en octobre 2008.

En réalité, cette décision n’a pas réglé les problèmes fondamentaux concernant la prise de décision en matière d’allocation des actifs financiers. En brouillant les signaux que transmettent les prix, la corruption du LIBOR, dérègle le modèle d’évaluation des actifs financiers (capital asset pricing model) au point de l’annihiler complètement.

L’aveu du ministre des Finances Timothy Geithner ne risque-t-il pas de déclencher un scandale (un LIBORGATE) en braquant les projecteurs de l’actualité sur le coût du refinancement de la dette américaine. On sait que l’Espagne est obligée de se refinancer aujourd’hui au taux de 7 %.

Mais, ce qu’on ignore, c’est à quel taux les marchés décideront de refinancer la dette publique américaine annuelle de 14,000 milliards de dollars. En maintenant le LIBOR à un bas niveau, n’est-il pas question de permettre également le refinancement de la dette publique américaine à un coût très faible ?

marche-financierIl existe, en effet, une relation inverse entre les taux d’intérêt et les prix des obligations vendues sur le marché monétaire par leurs émetteurs. Demandez à qui le crime profite. La réponse est claire : aux pays qui ont des dettes ou qui en contractent.

La Chine, qui refinance la dette publique américaine, a-t-elle intérêt à continuer à alimenter ce marché de l’illusion ?

Elle y a sans doute un certain intérêt, car elle bénéficie, du moins dans l’immédiat, d’un transfert de richesses réelles, pendant que les Américains s’enfoncent dans la politique d’une richesse fictive basée sur du papier et sur le fonctionnement de type casino de marchés financiers ne créant aucune valeur tangible. Le temps pour la Chine de mettre au point son immense marché intérieur pour parer à l’inévitable effondrement du dollar américain. Nous y reviendrons.

Il importe de mentionner, ici, que la stratégie de maintien du taux officiel d’escompte (Bank rate) par les banques centrales et du LIBOR à un très bas niveau n’a pas que des mauvais côtés. Et c’est peut-être ce qui explique que le scandale n’ait pas encore pris d’autres proportions.

Dans la conjoncture actuelle, le maintien du taux de référence de la banque centrale dans une fourchette de 0 à 1 % au plus est le fait d’une politique monétaire expansionniste et anticyclique qui devrait permettre de stimuler l’économie sans exercer de pressions inflationnistes sur la monnaie.

La baisse artificielle des taux d’intérêt

Au fait, la manipulation des taux d’intérêt par le grand capital américain n’est pas nouvelle. On a vu comment le secteur financier dirigé par les grandes banques de la Corporate America a déjà montré sa capacité de corrompre cet indicateur. Et pas n’importe comment.

Dans la grande tradition de la mafia, c’est-à-dire du crime organisé, comme l’a montré la très conservatrice revue anglaise The Economist dans son numéro du 7 juillet 2012 intitulé BANKSTERS (banquiers gangsters en référence au LIBORGATE).

En effet, de sérieux précédents existent déjà, notamment : la condamnation en 2011, pour des activités de corruption du marché des obligations municipales portant sur 3,7 mille milliards de dollars, de trois dirigeants de GE Capital, bras financier de General Electric : Dominick Carollo, Steven Goldberg et Peter Grimm [9].

Ces fonds, recueillis en bourse par les collectivités publiques [États, municipalités, entités parapubliques de distribution d’eau, d’électricité, etc.] par voie d’émission d’obligations municipales destinées à financer des projets d’infrastructures, ne sont pas utilisés dans leur intégralité immédiatement.

La réalisation d’un projet d’envergure (construction d’écoles, d’hôpitaux, de bibliothèques, de maisons de soins infirmiers, etc.) peut durer plusieurs années, et l’échéance des obligations municipales varie entre un mois et trente ans. Il existe donc un marché pour l’utilisation de la portion non décaissée des fonds recueillis des investisseurs du monde entier qui ont acheté des obligations municipales.

Les grandes banques de la Corporate America interviennent auprès des collectivités publiques en leur proposant des taux d’intérêt alléchants pour emprunter ces fonds inutilisés. C’est justement sur ce marché-là que les banques ont organisé une gigantesque arnaque en plus d’une décennie.

Elles ont, pour cela, truqué les appels d’offres sur les taux d’intérêt proposés et emprunté à des conditions très favorables pour elles les capitaux provenant des obligations municipales.

La fable, apprise dans les manuels d’économie et de finance, veut que le taux d’intérêt soit déterminé par le libre jeu de l’offre et de la demande. Cette fable prétend que les banques ne sont que des intermédiaires entre épargnants et investisseurs.

Rien de plus faux.

La crise actuelle a fait voler en éclats la thèse que le taux d’intérêt est le prix d’équilibre du marché des capitaux en général et peut-être dans le cas qui nous intéresse, du marché monétaire. D’une part, les banques participent à la création monétaire et, d’autre part, elles décident elles-mêmes des taux d’intérêt.

Les dirigeants de GE Capital s’étaient arrangés avec les grandes banques de Wall Street telles que JP Morgan Chase, Bank of America, UBS, Lehman Brothers, Bear Stearns, Wachovia, Wells Fargo, etc., pour manipuler à leur avantage, donc corrompre, les processus d’adjudication des offres.

D’abord, ces institutions se partageaient le marché secrètement, puis elles s’arrangeaient entre elles pour offrir les taux d’intérêt les plus bas afin d’avoir accès à la portion non encore utilisée des fonds empruntés par les municipalités sur le marché boursier. Matt Taibbi résume ainsi cette saga de la corruption dans le placement des obligations municipales :

« Les banques, dit-il, paient des intermédiaires pour corrompre le processus des adjudications ; les intermédiaires à leur tour corrompent des personnalités politiques pour gagner des marchés. Ces dernières désignent à leur tour les intermédiaires qui vont mettre en œuvre le processus d’adjudication, ce qui conduit tout de suite aux banques qui soudoient les intermédiaires pour truquer les soumissions [10]. »

Une partie perdue d’avance pour la réglementation

On avait toujours su que l’échelle de la corruption dans le capitalisme avancé dépassait la stratosphère. Depuis longtemps, les cas de discrimination liés aux prêts hypothécaires (redlining mortgages), au blanchiment d’argent pour les cartels de la drogue (money laundering) et aux délits d’initiés (insider tradings) sur les marchés financiers sont monnaie courante.

Mais aujourd’hui, la corruption avérée du LIBOR ou par le LIBOR administre, s’il en était encore besoin, la preuve par quatre du contrôle corrupteur et systématique de la finance sur l’économie et la démocratie.

Des preuves irréfutables confirmant les thèses du prix Nobel George J. Stigler qu’il est futile de croire en la possibilité de réglementer le capitalisme. Aussi difficile que de grimper un mât de cocagne !

Dans l’État fédéral américain gangrené et contrôlé par les lobbyistes des milieux d’affaires comme l’explique le professeur d’économie Gar Alperovitz [11], c’est une partie perdue d’avance.

Les manipulations boursières échappant à la surveillance des autorités des marchés financiers ne se comptent plus, au point que certains parlent carrément de collusion généralisée.

Comme cela a été le cas pour le sauvetage (bail out) des institutions financières américaines engagées dans la crise des crédits hypothécaires (subprimes) de 2008, on a vu en Europe en 2011 la Banque Centrale Européenne (BCE) octroyer aux banques privées des crédits de plus de mille milliards de dollars au taux de 1%. Ces dernières ont utilisé ces fonds pour acquérir des bons souverains des pays européens au lieu d’octroyer des prêts aux entreprises en mesure de relancer l’économie.

La financiarisation de l’économie s’est ainsi renforcée avec l’extension de ce que George Bush père, alors candidat à l’investiture républicaine contre Ronald Reagan, appelait en 1980 « l’économie vaudou ».

C’est en ces termes qu’il critiquait à l’époque la politique économique visant une « diminution des impôts tout en augmentant les revenus ». Choisi comme colistier de Reagan, puis élu président à son tour, il n’abordera jamais plus le sujet. C’est bien le cas de se demander qui gouverne à Washington !!!

La financiarisation dans tous ses états

« L’économie vaudou » atteindra sa plénitude en 1999 avec l’abolition de la Glass-Steagall Act séparant les banques commerciales des banques d’investissement.

Cette déréglementation financière a permis aux banques et autres institutions financières d’augmenter démesurément leurs profits par la titrisation, c’est-à-dire la transformation de créances bancaires en titres négociables. Le financement par l’endettement devient la règle.

Le capitalisme de copinage se propage à partir du budget de l’État et de la légalisation de la corruption (commerce des autorisations et des subventions étatiques). L’ingénierie financière se développe avec des lois incitatives donnant aux détenteurs de titres de dettes une importance plus grande que les actionnaires et leur accordant un traitement fiscal privilégié par rapport aux actionnaires.

Comme le disait Gordon Greko dans le film Wall Street produit par Oliver Stone en 1987, « Vive la cupidité » (Greed is good).

Cette idéologie, qui sous-tend la financiarisation, permet surtout aux forces du capital de s’attaquer aux travailleurs en éliminant les syndicats. C’est la continuation de la politique menée lors de la grande dépression des années 1930 pour casser les forces socialistes dans les milieux ouvriers et créer le syndicat jaune l’AFL-CIO.

On a vu l’offensive menée par les banques d’investissement de Wall Street contre le syndicat des Teamsters en 2009. Des instruments financiers que sont les contrats de dérivés de crédit (Credit Default Swaps ou CDS)ont été émis par la Goldman Sachs et adossés aux obligations de la plus grande société de transports des Etats-Unis, la YRC qui employait plus de 30 000 routiers.

Ces obligations avaient été émises pour financer des acquisitions d’une valeur de 1,6 milliard de dollars entre 2003 et 2005 [12]. Il a alors fallu que les Teamsters aillent jusqu’à menacer de bloquer Manhattan et Park Avenue lors des fêtes de fin d’année de 2009 pour tempérer les actions des partisans de la financiarisation.

Ces derniers n’avaient rien appris des 124 crises financières qui ont eu lieu de 1970 au 15 septembre 2008, « le jour où Wall Street a trépassé » [13].

Le profit financier n’est plus au service du progrès technique. Dans la nouvelle orthodoxie du capital financier, il est plus rentable de délocaliser les usines de l’économie réelle pour les placer à la périphérie (en Chine entre autres) et se concentrer sur le secteur financier où le rendement des investissements est plus élevé. Comme l’expliquait en 2010 le professeur d’économie américain William K. Black, « Il y a quarante ans, notre économie réelle a mieux augmenté avec un secteur financier qui recevait un vingtième du pourcentage total des bénéfices (2 %) qu’il ne le fait avec un secteur financier qui reçoit aujourd’hui 40%. [14] »

On assiste maintenant à une baisse de la proportion des actifs réels dans le PIB par rapport à celle des actifs financiers. Ainsi, les seules choses qui comptent sont la « productivité du capital » et la « création de valeur pour l’actionnaire ».

La langue de bois résume cette idée voulant que la valeur actionnariale (shareholders value) ne doit pas cesser de grimper. Dans ce cadre, rien n’est négligé.

En commençant par le recours à l’absurde de la pensée magique du Moyen-Age à travers les approches ésotériques, le mouvement des corps célestes et les algorithmes de l’intelligence artificielle pour combattre la rationalité du temps des Lumières.

À preuve, la création d’un fonds de placement en Angleterre portant le nom à la fois pittoresque et révélateur « Supertitious Fund » (Fonds de Placement pour les superstitieux) [15].

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Voir deuxième partie :La corruption du LIBOR et par le LIBOR (2e partie)
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* Économiste, écrivain

[1] Gretchen Morgenson, « Changed by Wall St. Fort Wall St. », New York Times, 29 juillet 2012.
[2] Jacob Gyntelberg and Philip Wooldridge « Interbank rate fixings during the recent turmoil » BIS Quarterly Review, Basel, Switzerland, mars 2008.
[3] Joseph Stiglitz, The price of inequality, Norton, New York, 2012, p. 35-36.
[4] BIS Quarterly Review, décembre 2007 à décembre 2011, Bâles, Suisse. Lire aussi Michael Fleming et al, An Analysis of OTC Interest Rate Derivatives Transactions : Implications for Public Reporting, Federal Reserve Bank of New York, Staff Report No. 557, mars 2012, p. 6.
[5] Matt Taibbi, « Another Domino Falls in the LIBOR Banking Scam : Royal Bank of Scotland », Rolling Stones, 29 juin 2012.
[6] Douglas Keenan, « My thwarted attempt to tell of LIBOR shenanigans »,
Financial Times,
26 juillet 2012.
[7] Mark Gongloff, « Tim Geithner Admits Banks Bailed Out With Rigged Libor, Costing Taxpayers Huge Amount », Huffington Post, 25 juillet 2012.
[8] Paul Krugman, « Wall Street Voodoo », New York Times, 18 Janvier 2009.
[9] United States of America v. Carollo, Goldberg and Grimm, United States District Court, Southern District of New York, Case 1 :10-cr-00654-HB, Document 35, 31 mai 2011.
[10] Matt Taibbi, « The Scam Wall Street Learned From the Mafia », Rolling Stone, 5-19 juillet 2012, p. 86.
[11] Gar Alperovitz, « Wall Street Is Too Big to Regulate », New York Times, 22 juillet 2012.
[12] Pierre Paulden et Shannon D. Harrington, « Hoffa Says Goldman Sachs driving YRC into bankruptcy », Bloomberg.com, 17 décembre 2009.
[13] Suzanne Craig et al, « The Weekend that Wall Street died », Wall Street Journal, 29 décembre 2008.
[14] William K. Black, « How the Servant Became a Predator : Finance’s Five Fatal Flaws », The Huffington Post, 19 février 2010.
[15] Susan Kim, « ‘Supertitious Fund’ loses money in Month Two », ABC, Good Morning America, 31 juillet 2012.