Economie

L’Association des industries d’Haïti proteste contre l’interdiction précipitée de matières plastiques

logo-adihLe directeur exécutif de l'Association des industries d'Haïti, Grégor Avril, se fait le porte-parole des patrons de ce secteur qui n'auraient été nullement prévenus de l'adoption d'une décision visant certes à protéger l'environnement, mais lourde de conséquences et qui sera effective dès le mois d'octobre ; cet unilatéralisme contre-productif risque de mettre à mal le partenariat public-privé, a lâché l'industriel

Le directeur exécutif de l'Association des industries d'Haïti, Grégor Avril, a déploré lundi la décision unilatérale du gouvernement Martelly/Lamothe d'interdire, à compter d'octobre, l'importation de certaines matières plastiques dans le cadre de la lutte contre la dégradation de l'environnement.

Dans une interview à Radio Kiskeya, le responsable de l'ADIH a averti que cette mesure adoptée sans aucune forme de consultation avec les entreprises industrielles utilisant des produits plastiques risquait de remettre en cause le partenariat public-privé. Les hommes d'affaires opérant dans ce secteur auront du mal à se conformer à l'entrée en vigueur de la directive de l'Exécutif, le délai imparti étant trop court, s'est-il plaint.

Les autorités ont décidé d'empêcher, dès le mois prochain, la vente, la commercialisation et l'exploitation sur le marché des composantes plastiques à base d'éthylène en ciblant tout particulièrement les emballages de couleur noire et les assiettes non biodégradables dont se servent les restaurants.

Mettant en relief l'implication d'éléments du patronat dans la lutte en faveur de la préservation de l'environnement, Grégor Avril révèle que depuis un an les industries fabriquant des boissons gazeuses et d'autres entreprises spécialisées dans le recyclage travaillent d'un commun accord afin de récupérer les bouteilles et autres déchets plastiques polluants en circulation.

Le gouvernement avait déjà tenté d'imposer certains restrictions concernant l'utilisation des matières plastiques, mais avait dû différer cette mesure face au tollé qu'elle avait suscité chez certains industriels qui menaçaient de licencier une bonne partie de leurs employés.

Déjà confrontée à une érosion accélérée, reflet de son environnement ravagé, Haïti est devenue en quelques années un déversoir à ciel ouvert où sont abandonnées des tonnes de bouteilles en plastique qui obstruent les canaux d'évacuation des villes et polluent les plages tant d'ici que du reste de la Caraïbe.

Source:Raddio Kiskeya
Publié le lundi 24 septembre 2012