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Après 2 ans de Martelly au pouvoir, La situation des droits de l’homme s’est détériorée considérablement a rapporté le RNDDH

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Le RNDDH a, dans un rapport rendu public, le mardi 18 juin dernier, dressé un tableau sombre de la situation des droits de l'homme en Haïti, durant les deux premières années du pouvoir de Martelly. Insécurité, corruption, vols, viols et meurtre, violation des droits des citoyens sont entre autres caractéristiques de la gestion du régime ''Tèt Kale''.

Le 14 mai 2013 vient de marquer la deuxième année de la prise de fonction du président Michel Martelly à la magistrature suprême de l'Etat. Une date qu'il a d'ailleurs célébrée pompeusement. Cependant, très peu de choses ont été réalisées par l'équipe ''rose et blanc'', a souligné l'organisme de défense dans ce rapport.

La situation d'insécurité généralisée qui sévit dans le pays au cours des deux premières années de son mandat, a endeuillé nombre de familles dans la population haïtienne. Des citoyens, des enfants, des mineurs et des agents de la PNH sont tombés de façon inquiétante sous les balles assassines des bandits. Alors que ces derniers continuent de circuler en toute impunité. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, indique le rapport, pendant que les hors la loi imposent leur propre loi, les autorités n'ont cessé de claironner à travers les médias qu' « Haïti est ouverte aux affaires ».

80% des cas de meurtre sont répertoriés à Port-au-Prince. Parmi les victimes figurent Serge Bernard, professeur et membre fondateur de l'Université de Port-au-Prince (UP) et le directeur de la BNC, Guito Toussaint, tué à son domicile, à Vivimichel, Pétion-Ville. A cette longue liste s'ajoute l'étudiant finissant en droit, Damaël D'Haïti, pour qui, les parents, amis et proches des victimes ne cessent de réclamer justice et réparation.

Les policiers n'ont pas été épargnés aux assauts des malfrats qui opèrent à visière levée dans la Capitale. Pour la période couverte par ce rapport, 23 agents de la PNH sont tués par balles et quatre autres à l'arme blanche. Au nombre de ces victimes, on compte le policier Walcky Calixte, assassiné par des bandits, Martissant à l'entrée Sud de Port-au-Prince, le 17 avril 2012.

Toujours selon cette étude du RNDDH, les kidnappeurs n'ont observé aucune trêve, au moins 72 personnes ont été enlevées, et plus de 900 cas de violences sexuelles ont été recensées.

Outre ces évènements malheureux qui ont coûté la vie à beaucoup de nos compatriotes, les accidents de la circulation seraient l'une des causes de la mortalité en Haïti avec 149 personnes tuées pour 41 accidents enregistrés. Cette situation est en nette augmentation par rapport aux années antérieures, lit-on dans ce rapport. A la base de ces mésaventures, figurent notamment la défectuosité des véhicules assurant de long trajet et les excès de vitesse.

Dans le cadre de cette enquête, l'organisme de défense a tenu aussi à souligner certains points positifs de l'administration Martelly. Le démantèlement du gang que dirigeait Clifford Brandt, lequel a procédé à l'enlèvement des deux enfants de la famille Moscosso, est un élément qui entre dans l'actif de l'équipe Tèt Kale.

La problématique de l'incendie répété des marchés et la surpopulation carcérale demeurent une préoccupation pour le RNDDH. Car sur les 10 163 personnes détenues au Pénitencier National, 7317 soit 72% attendent leur jugement. Ajouter à cela les conditions inhumaines dans lesquelles elles sont entassées. Le réseau a, par ailleurs, mis en exergue la dégradation du système judiciaire par des nominations qui se font en dehors des normes établies, ce qui d'après le RNDDH contribue à l'affaiblissement du système judiciaire.

Fort de ce constat, le RNDDH recommande aux autorités de prendre toutes les mesures visant à protéger les citoyens contre l'insécurité devenant la norme au lieu d'être l'exception. Le réseau a aussi demandé à ce que les élections pour renouveler le personnel politique soient réalisées et de permettre aux citoyens de jouir pleinement non seulement de leurs droits civils et politiques mais également de leurs droits économiques et sociaux conformément aux instruments juridiques nationaux et internationaux.

Source: Le Matin
Enel Fleurantin
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