Analyses & Opinions

L'administration Privert-Jean entre l'enclume et le marteau...

Jocelerme Privert et Fritz Alphonse Jean  3

Sous haute et attentive surveillance, cette jeune administration Privert-Jean qui ne bénéficie pas encore de la confiance de l’ensemble de la société haïtienne, hormis l’indulgence d’une partie du secteur populaire et de certains partis politiques , doit être en quête d’une réelle légitimité pour faire face à la fois à la fronde des parlementaires ( bien et mal élus) et à celle des forces politiques et sociales qui charrient les revendications populaires . Ces dernières qui ont stoppé net le 22 janvier 2016  la dérive du Pouvoir Martelly, du CEP d’Opont et des forces du statu-quo regroupées au sein du « core group » et du « forum économique  du secteur privé des affaires » qui s’apprêtaient  à réaliser  une « compétition électorale » avec un seul concurrent. Quelle aberration!

L’administration Privert- Jean, dans la dynamique actuelle, devra trouver un accord politique avec la majorité des forces politiques et sociales qui ont observé sans forcément l’approuver, cette acrobatie parlementaire effectuée dans la nuit du 6 au 7 février 2016 qui a facilité le départ de l’ex-président Martelly du palais  et qui a donné naissance à la Présidence provisoire de Monsieur Privert. La recherche d’un large consensus est nécessaire pour l’établissement d’une paix durable pour la réalisation des conquêtes socio-économiques tant attendues par la population haïtienne.   

Aujourd’hui,  le pouvoir Privert-Jean se trouve déjà à la croisée des chemins et devra faire un choix entre la continuation de la mascarade électorale  du 9 août et du 25 octobre 2015 encouragée par la dite communauté internationale et l’agenda des forces démocratiques et populaires qui réclament, à cor et à cri, une réévaluation de ces élections  et un audit des administrations  Martelly- Conille, Martelly-Lamothe et Martelly-Paul qui ont précédé.  Face à l’insistance de la société haïtienne aspirant au progrès, à plus de démocratie et à plus de justice sociale, il ne sera pas facile de maintenir cet équilibre précaire et cette accalmie dont nous jouissons depuis tantôt une vingtaine de jours au pays sans un réel consensus au sein de la société. 

Il faudra envoyer des signaux clairs allant dans le sens du respect du vote populaire, de la vérité du scrutin, de la démocratie réelle, d’une certaine indépendance d’esprit et d’action à la recherche de concorde et de stabilité pour la nation. 

 En plus des problèmes structurels de fond qui existent nous avons aujourd’hui des urgences qui ne peuvent plus attendre : sécheresse, inondations, la vie chère, l’insécurité. Nous devons faire preuve de consistance, de cohérence, de clairvoyance et de maturité politique pour trouver les compromis nécessaires afin de faire avancer la barque nationale avec justice, équité, de manière inclusive, sans complaisance aucune,  afin de préserver et de promouvoir  la santé et l’avenir politiques, sociales, économiques et démocratiques de la République.

 KONAKOM: Le parti politique moderne pour le renouveau d'Haiti  http://mopod.org.ht/

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