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Sam07212018

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Analyses & Opinions

Le CEPAM: Conseil Electoral Pa Martelly. Le Président Michel Martelly joue avec le feu.

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Par Letitiah Sept -- L’on aurait dû espérer qu’après 15 mois au cœur du pouvoir politique du pays, Michel Martelly aurait appris une chose ou deux sur la gouvernance du pays. Il aurait pu apprendre de la Constitution, des procédures, et se reposer sur ces conseillers pour se familiariser avec les lois du pays. Cependant, il continue de jouer avec le feu. Le président passe maintenant de la gouvernance purement artisanale à une gouvernance hybride du bricolage institutionnel.
En effet, dans le cas de l’arrestation du député Bélizaire, il n’avait pas pu obtenir le soutien formel des cadres de la Police Nationale d’Haïti ; pas même de l’homme de main qu’il s’était choisi, le ministre de la Justice d’alors, Josué Pierre-Louis. Dans le cas de la résurrection de la FADH, il ne pouvait compter sur le de vieux sergents gérontes édentées et des jeunes hommes et femmes dont certains étaient encore bébé lorsque la FADH avait été démobilisée.  

Dans le cadre du Conseil Electoral Permanent, Michel Martelly a décidé de jouer aux échecs en préparant sont mat en plusieurs coups : remplir les rangs du Conseil Supérieur de Justice crée légalement en 2007 sous la présidence de René Préval. Préval avait jugé bon de ne pas peupler les rangs de cette entité et pour de bonnes raisons. Même sous le régime du coup d’état de 2004, le président Boniface avait été abasourdi par le comportement des juges de la cour de cassation dont il était, lui-même, issu. Ainsi avait-il révoqué tous les juges en masse lors de la débâcle de leur décision en agréant la participation de Dumarsais Siméus aux élections présidentielles de 2005, en contravention à la loi. Michel Martelly a rempli les rangs de la Cour Supérieur de Justice en anticipation à la création du CEP.  

Le contexte de la création de Conseil Electoral Permanent qui n’a pas eu lieu depuis la 1987 crée un climat de malaise à travers les différentes instances des partis politiques dans un pays si familier avec les fraudes électorales.
En fait, l’on ne peut pas trop blâmer le président Martelly s’il ne prend pas les opinions des intellectuels et de la classe politique des avec importance.  Le classes politiques et intellectuelles Haïtiennes ont, au cours des années, beaucoup fait pour se discréditer en se laissant entrainer dans des exercices de partisannerie outrageuse.  Le comportement du président du CSPJ, Arnel Alexis, justifie en quelque sorte, les prétentions de Michel Martelly. Le comportement de cet homme qui devrait être un pilier juridique et éthique de sa société relève du même formalisme de Carnaval que revêt l’actuel protocole présidentiel. Son comportement est celui d’un Papa Guédé  «habillé tout de blanc pour monter au palais ». Martelly peut se référer à un CSPJ PAM, présidé par un Arnel Joseph PAM.

Depuis le Jean-Claudisme  Duvaliérien, il n’a jamais eu une pareille tentative de mise en coupe réglée des Institutions du pays que sous la Présidence de Michel Martelly. On l’a vu, pendant les péripéties de ce qui est conne comme l’amendement de la Constitution de 1987, comment Michel Martelly a nagé en zone floue pour avoir un document décrié par tous les experts et membres des partis politiques du pays.

Grand comme petit, tout tourne autour des Martelly : Tout est Par, et Pour Martelly :

ONAPAM,  KREDIPAM, KAYPAM, KATYE PAM, PALEMENTE PAM, et le dernier en date, la CEPAM. Un Conseil Electoral Permanent formé de six membres contrôlés directement ou indirectement par l’exécutif n’est qu’un Conseil Electoral PAM au même titre que toutes les entités créées par Michel Martelly, un Conseil Electoral Pour les Martelly. Le président Martelly joue avec le feu en s’accrochant au bricolage institutionnel pour fixer la destinée à long terme du pays. Apparemment, son baromètre est politique n’est gradue ni à l’échelle des opinions générales des différents secteurs, ni les éléments institutionnels du pays, ni les ayant-droits, ni l’intelligentsia du pays, mais l’oligarchie et les intérêts internationaux.

Qu'est qui rend si difficile à Michel Martelly et a ceux qui poussent la création d'un Conseil Electoral permanent dans un climat d'instabilité n'aura pour résultat que de maintenir l'instabilité politique dans le pays? Non! Ils sont si ambitieux qu'ils ne visualisent que ce peut leur donner un avantage momentané, sans réaliser que les dommages à moyen et à long terme pourraient devenir fatals, non seulement pour eux, mais pour tout le pays en général. Qui en profiterait? Les intérêts particuliers, en Haiti, comme à l'ordinaire

Letitiah Sept
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