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''Racistes'' lancent les haïtiens, ''ingrats'' répondent les dominicains

Danilo-Medina-Nicolas-Maduro-Michel-Martelly-CaracasDanilo Medina, Nicolas Maduro, Michel Martelly

Dialogue vacillant entre racisme et ingratitude.

Michelle Mevs Portes, Port-au-Prince, Haïti, 19 Décembre 2013.--- D' un coté les populations haïtiennes et dominicaines  se livrent a  une guerre de mots pleins de ressentis,  tandis que   de l' autre,  les deux chefs d' état:   Michel Martelly et  Danilo Medina  s' entretiennent a la 'cumbre II Alba-TCP-Petrocaribe,  en tête a tête,  sans a- prioris apparents,  large sourire, élégants et décontractés,  dans un climat de grande cordialité.  Nous sommes en République Bolivarienne du Venezuela le 17 Décembre en présence de leur illustre amphitryon, le Président Nicolas Maduro,   facilitateur et généreux 'provider' en énergie vitale a une Haïti gangrenée d'obligations et a une R.D., habile opportuniste.  

REF. Sentencia 168 13 du tribunal Constitutionnel & rencontre au II Cumbre Extraordinaria Alba-TCP-Petrocaribe, 17 Décembre 2013 de Présidents haïtiens et dominicains a la suite du dialogue rompu précédemment.

Le raciste appuie la décision du Tribunal Constitutionnel dominicain quittant la nationalité a 210 000 haïtiens  tandis que  l'ingrat n' est autre que l' haïtien qui ne veut pas comprendre que le dominicain ne peut plus tolérer les immigrants qui débarquent chez lui  en nombre exponentiel depuis  le séisme de l' année  2010 en plus de tout les autres qu' il néglige. 

La nouvelle qui tombe est fort réjouissante, le dialogue est rétabli entre Haïti et la R.D.!  La pseudo-guerre est différée même si en 'épée Damoclès' l' incompréhension  et le refus obstiné  de l' un contre l' intrusion délibérée de l' autre,  échauffe a blanc les esprits,  menace de  plomber  le  climat  régionale.

Toutefois, l'ingéniosité fait défaut. Haïti et la R.D reprendront les chemins battus faute de trouver en eux-mêmes l'inspiration,   les  intentions supérieures qui amènent le changement.  Deux commissions parallèles de 5 membres chacune, l' haïtienne et la Dominicaine seront mises sur pieds en vue de débattre des problèmes migratoires, frontaliers, commerce, environnement et pauvreté. Quitte a inviter les observateurs : la  Communauté Européenne, l' ONU et le Venezuela réclame Medina, le  Venezuela et la CARICOM pour Martelly. Un doute surgit parmi ceux qui suivent de prés l'évolution de cette affaire. On garde encore en mémoire les commissions bilatérales précédentes qui n'ont rien accompli de substantiel ou si peu, du moins en faveur d'Haïti.

S'il est un point commun entre les protagonistes que sont nos présidents respectifs,  c'est leur manière de faire comprendre a la presse donc aux population de l'ile d'Haïti qu'ils sont, eux , les autorités suprêmement  en control des aléas du dossier. Les faits, pourtant démentent cette  prétention.

Un bref retour en arrière nous assure la compréhension de la politique engagée par la chancellerie haïtienne:  De la diplomatie multilatérale tant applaudie par les partisans du régime haïtien,  a un retour par deux fois a  une diplomatie bilatérale, la Chancellerie haïtienne  en déni dans un premier temps,  décide finalement d' appeler a l' aide la CARICOM  pour ensuite  dans une résolution commune le 29 Octobre 2013 a Caracas  se compromettre  a  un dialogue exclusif avec le voisin.

Pour sa part, le président Dominicain quand il ne joue pas la carte de l'humaniste consumé, il convient alors  a son image politique de présenter la face du nationaliste soucieux de la légalité des institutions en son pays souverain. Il est fort ironique de constater que  le Président dominicain, voulant ignorer que cette décision du Tribunal Constitutionnel (dont  il s' applique sans délai a organiser l' application),  est a la source du problème humanitaire qui le concernait antérieurement et pour lequel il va jusqu' a s' excuser auprès de la communauté de descendance haïtienne.

A la surprise générale, aucune place n'est faite a Caracas quand  au point de divergence, ce motif de dissension scandaleux, la décision  168 13 du Tribunal suprême du 23 Septembre 2013  engageant  la dénationalisation de 210 000 personnes d' ascendance  haïtienne et de 34 000 autres personnes d' origines diverses.  

DE L'APPLICATION DE LA SENTENCIA  168 13:  

Certains disent  que l'application de la décision constitutionnelle sur la population ciblée  est quasiment  impossible.  La raison en est simple. Les concernés ne se présentent pas auprès du  control administratif dominicain/ ils ne s' y rendront pas par peur de déportation et  parce qu' ils sont  non-déclarés aux autorités dominicaines et non détenteur de papiers d'  identité documentaire dominicaine.   Au fait, anonymes en leur pays, ils s'emploieraient plutôt  a se rendre,  pour ainsi dire,  invisibles!    S'il faut leur appliquer les mesures prévues par la décision 168 13, il faudra nécessairement que les autorités dominicaine, l'armée a cet effet, aille après eux, pour  les dénicher la ou ils se trouveraient refugies,  or en ''cimarron''  ils ont  acquis la  pratique ancestrale de se mettre  a couvert en zone rurales.  Or, recourir a une chasse a l'homme institutionnelle viendrait  encore aggraver la mauvaise renommée de la R.D. déjà confrontée internationalement aux épithètes de "racistes, xénophobes,  apartheid et paria".

DE LA DEPORTATION et de l'impossibilité de déporter toute la population de descendance haïtienne :

Certaines personnes ajoutent que la déportation est un vain exercice dont le cout  pour la R.D n' est  qu' argent jeté par les fenêtres et véritable ineptie a long terme. Il se trouve que les dominicains/haïtiens déportés s'acharnent a revenir sur un territoire ou le travail leur est assuré soit dans la construction ou dans l'agriculture et le commerce. Il  leur aura suffit  de payer a la frontière un droit de passage  dérisoire de US$100 dollars soit 4000 pesos aux militaires dont les salaires mensuels moyens  ne sont que d' environ $180 dollars ou 7200 pesos aprox. La complicité et la corruption fonctionne a l'avantage personnel  des hommes confrontés.

De LA MAIN-D' OEUVRE et de son appréciation :

Si on sait que 80% de la main-d' œuvre nécessaire au fonctionnement de l'appareil dominicain est constituée de population d'ascendance haïtienne,  on  arrive difficilement  a saisir le manque d' appréciation du  pouvoir dominicain a leur endroit.  Les industriels des grands groupes de production agraires, le secteur de la construction et autres en font leur profit puisque leur salaire et frais additionnels, licenciements, vacances etc.. sont  faibles comparé a ceux des dominicains d'origine alors que leur rendement au travail par ailleurs est  bien supérieur.  On aurait pensé que la R.D.,  leur aurait facilité une intégration intelligente du moins a ces 240 000 personnes vivant déjà  sur place en territoire voisin d' autant plus qu' ils sont en mal d' appartenir a la citoyenneté  dominicaine.

A dire vrai les valeurs raciales héritées et cuirassées dans cette société insulaire serait à l' origine de ce manque de considération et de vison. la sociétés dominicains peine a se reconnaitre raciste est  donc en pratique d' exclusion  alors que ses intérêts a longs termes lui commanderaient d'abandonner d'obsolètes préjudices d' autant plus qu'ils sont non seulement  anti- démocratiques mais aussi non-humanistes.  

DU CONTROL DE LA POPULATION EN R. D.:

On peut comprendre que la République Dominicaine cherche a s'assurer d' un certain control de sa population, de la population dominicaine et étrangère vivant  sur son  territoire,  d' autant plus que les personnes  ciblée par la 'Sentencia'  votent  PLD dans leur majorité. Alors, Lyonel Fernandez, ce grand manœuvrier, aurait voulu sans aucun doute  s' assurer d' un  certain  control en  faisant d' une pierre deux coup:  mettre de l' ordre dans la population locale tout en s' assurant de  la victoire prochaine de son partie le PRD.

En République dominicaine l' haïtien est considéré  en élément perturbateur pour beaucoup et a différents niveau de la société. ''Ils sont partout, envahissent les rues, occupent les trottoirs...'' disent les Dominicains.

 La population dominicaine en principe se refuse a beaucoup de travaux éreintants et c'est l' haïtien parvenu là-bas, avec sa seule obstination et ses nécessitées qui s'y attelle.  Celui qui  s' y  implante poussé depuis l' arrière pays d'  Haïti vers  la ligne  frontalière  par des besoins impératifs de survie, ne peut se permettre, lui,  ce luxe qu' est la  fainéantise  ou  l' échec.

Il a toute la dynamique de l'immigrant alors que  le système du 'bien être social' relatif  ou pas, celui que confère la sécurité sociale aux locaux dominicains,  les pousse a 'se la couler douce', mais  ne joue pas en leur faveur.

Par contre il a aussi cet effet chaotique du nouvel arrivant. Sa langue différente et incompréhensible aux oreilles des locaux, ses dieux différents et effrayants, son éducation scolaire souvent nul, par contre saute aux yeux que  son travail est ardue et fort apprécie mais  son ambition apparente. A continuation, on aura vite fait dans les secteurs de production de le traiter en animal de travail et de le rechercher pour sa performance. Lui, face au rejet qu'il aura suscité, se rebellera de ces autorités qui  le privent des avantages conférés  aux locaux: ces privilégiés!  Ils se sentiront exploites   dépouilles   de tout espoir de quand a leurs  enfants  malgré les années de séjour, se retrouvent  pour la plupart  prives  de  tout droit basique comme l' éducation.

ELEMENTS DE SOLUTIONS :

Plutôt de risquer l'aggravation de cette situation, admettons-le, étudions les éléments de solution déjà pre- établis en filigranes tracés dans les replis du problème.

Haïti se doit de se responsabiliser et s'investir, retenir sa population chez elle en lui permettant de  construire le pays, ce  dont elle devra aussi  convaincre la R.D. pour que celle-ci  y exerce un rôle prédéterminé et responsable.  Il ne s'agira plus  pour cette dernière  d' une attitude strictement prédatrice  envers Haïti, une affaire strictement business mais d' un investissement d' un autre ordre.

En un mot l'amélioration, le progrès d'Haïti est essentiel au bien-être et a la paix de sa population, locale ou diaspora.  

Pour sa part, La R.D elle, n'aura d'autre choix que de travailler a l'intégration institutionnelle et sociale des populations établies a ce jour sur son territoire quitte a repartir sur d'autres bases tout  en s'alignant constamment  sur les droits humains.  

Entre temps, fort de ce dialogue entre les chefs d'états au niveau international, il serait nécessaire d'  intégrer a cour terme dans le programme  scolaire éducatif  au profit des jeunes, des connaissances  valables  quand aux  pays respectifs. L'avenir se construira  dans un  dialogue intelligent a plusieurs niveaux, commençons des  aujourd' hui!

 Michelle Mevs Portes

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