Tout Haiti

Le Trait d'Union Entre Les Haitiens

Analyses & Opinions

Comment et pourquoi meurt la République d’Haïti ?

haitiens vivent dans grotteHaitiens vivant dans des grottes dans le Sud,  des mois apres le passage de l'ouragan Mathieu

Par Robert Lodimus   ---  Pour la première fois – en l’espace de 13 années – depuis la présence indésirable, insupportable et douloureuse de la Minustah sur le territoire d’Haïti – qui remonte à la fin de février 2004 – nos lèvres se décrispaient pendant un court moment. La nuit tombait lentement sur les cottages noyés sous une pluie verglaçante qui a fait déserter les rues transformées en patinoire. À travers les vitres de la fenêtre embuées, nous avons observé le profil d’un passant qui promenait son chien dans le petit parc situé à côté de notre lieu de résidence. Le capuchon de son manteau lui enveloppait la tête et cachait presqu’entièrement son visage. On aurait dit un personnage sorti tout droit d’une toile de l’un des célèbres peintres impressionnistes : Claude Monnet, Armand Guillaumin, Berthe Morisot, Pierre-Auguste Renoir, Paul Cézanne… L’individu paraissait littéralement flou dans les décors sauvages de la température inhospitalière.

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Jean-Bertrand Aristide, René Préval, Gérard Pierre-Charles: Pouvoir, aversion, division, violence, désillusion, échec et déception (2/2)

(Gérard Pierre-Charles au micro de Robert Lodimus)
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Mise en contexte

     Faute de grives, on mange des merles. Seul Gérard Pierre-Charles avait accepté de parler ouvertement des rivalités internes qui déchiraient les entrailles de Lavalas. Nous aurions aimé aussi vous présenter les points de vue des deux autres protagonistes, en l’occurrence Jean-Bertrand Aristide et René Préval, sur les contradictions et les hostilités qui ont mené les deux branches du mouvement populaire issu des événements de février 1986 à l’échec. Notre démarche ne vise pas à honorer la mémoire d’un homme. Mais à provoquer un débat sociétal à partir d’un constat pénible de division au sein d’un rassemblement sociopolitique qui semblait comprendre l’urgente nécessité d’allumer le flambeau d’une « Révolution » dans l’espoir d’éclairer la conscience des masses.

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Junia Barreau: La Constitution haïtienne trentenaire Entre survivances et déchéance

junia barreauMontréal ce 29 mars 2017 ---- Stigmatisée ou fétichisée, la Constitution haïtienne du 29 mars 1987 demeure l’unique boussole d’une société piégée par une transition post-dictatoriale dévoyée. Une société qui avait pris, trop vite, ses légitimes aspirations de progrès en toute liberté pour de la réalité au lendemain des liesses de février 1986. Il peut paraître vain de citer en référence la Constitution haïtienne quand l’infraction à cette dernière s’est érigée en règle au cours de ses trente années de vie active et l’exception devenue son strict respect. Il peut sembler futile de rappeler l’existence de la Loi fondamentale d’autant plus que ses réels zélateurs se dissipent et ses forces sociales de barrage s’amenuisent tandis que se revigore l’armée assiégeante qui ne jure que par sa fin de règne. On en vient même à se demander si le processus chaotiquement frauduleux d’amendement tel qu’il a été opéré (entre 2009 et 2012) ne visait pas ultimement le parachèvement de l’entreprise de sabotage de la Loi mère. Une raillerie institutionnelle endossée par les plus hauts dirigeants du pays.

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Jean-Bertrand Aristide, René Préval, Gérard Pierre-Charles: Pouvoir, aversion, division, violence, désillusion, échec et déception

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Mise en contexte:  (Gérard Pierre-Charles au micro de Robert Lodimus)

 Des trois personnages émergés de l’éviction du duvaliérisme jean-claudien, – Jean-Bertrand Aristide, René Préval, Gérard Pierre-Charles –, qui ont achevé d’entrainer la République d’Haïti vers les portes du cimetière sociétal en accélérant eux aussi son agonie politique et son trépassement économique, un seul vit encore. Gérard Pierre-Charles est décédé à Cuba en octobre 2004. René Préval est allé le rejoindre le 3 mars 2017. En ce moment, Aristide doit être en train de réfléchir sérieusement sur son avenir, – tout court –, dans cette capitale morbide qui recule les yeux fermés. Le cercle de la gérontocratie féminine et masculine qui rassemble les politiciens traditionnels se clairsème. L’âge et la maladie les emportent. Et la relève n’est pas assurée. Parmi ces soi-disant « sénateurs » et « députés » qui déshonorent la haute fonction de parlementaire en Haïti, lequel peut remplacer valablement Jean-Robert Sabalat, Renaud Bernardin, etc.?

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Patrice Dumont a-t-il voté cette loi criminelle sur le bâillonnement de la liberté d’expression sous couvert de diffamation

patrice dumond

En tant que bloggeur prolifique et expérimenté, je ne saurais me taire devant le complot criminel des parlementaires visant à restreindre ou réprimer le droit à la parole des individus et des travailleurs de presse. Je comprends enfin pourquoi des têtes bien faites au parlement font des choix délibérés de soutenir des analphabètes fonctionnels pour des postes de sénateurs et de députés. Haïti est un pays « tèt anba » où des insensés font la loi. La culture de la corruption continuera à être un mal endémique qui gangrène la société haïtienne. J’ai pris le soin de lire et relire à plusieurs reprises cette proposition de loi criminelle, je me suis dit est-ce cette image que des hommes comme Patrice Dumont et Youri Latortue « ki li nan ti lèt fen » veut présenter à la société haïtienne. La proposition de loi est mal inspirée, on sent l’amateurisme dans le document. Je dois dire en passant qu’Haïti a grand besoin d’une loi sur la diffamation, mais elle ne peut pas être votée et adoptée à la va vite comme le font les abolotchos au parlement.

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Le bluff électoral de Jovenel Moise

agitrans jovenel en faillite

Et si Agritrans n’était qu’un prétexte de blanchiment d’argent des Tèt Kale

 L’adage créole stipule que « twou manti pa fon ». Depuis plusieurs semaines, des médias en Haïti dont le journal Le Nouvelliste portent une attention particulière sur la plantation de bananes de Jovenel Moise dans la commune de Trou-du-Nord. On a vu dans les vidéos et les photos, un vaste champ abandonné où des bœufs et d’autres animaux font la navette. On peut dire sans peur d’être inquiété que le projet Agritrans est en faillite. Le commun des mortels dirait que ça arrive et fermerait au plus vite ce chapitre, mais l’homme avisé comprendra que le projet Agritrans était un projet fantôme. Le citoyen Jovenel Moise pouvait bien avoir de bonnes intentions au tout début, mais à un certain moment, il a décidé volontiers de mettre son entreprise au profit de bandits pour les permettre de blanchir de l’argent. Je crois que ce projet faisait partie d’un grand projet de bluff électoral. Antonio Sola est un spécialiste dans les questions de stratégie électorale. Il a encouragé Jovenel Moise à vendre l’image d’un entrepreneur qui a réussi à monter un projet viable. Michel Martelly et Wilson Laleau ont décaissé six millions de dollars dans le trésor public pour financer un projet qu’ils savaient bien était bidon et qui ne visait qu’à rallier des gens sous la bannière du parti PHTK. Le peuple haïtien a été roulé dans la farine par des filous fiéffés.

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