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Et Cette Pendaison à Santiago?

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Ce n’est ni un songe ni une fiction. L’âme haïtienne est mutilée à nouveau en terre voisine. Cette fois de façon la plus infâme. Pourtant, l’aventure l’en rêvait: que l’haïtien serait pourchassé et tué en République Dominicaine comme des bêtes. Cet état barbare, déguisé jusqu’ici en moderne, montrait toute sa nature instinctive à la Nazi et se placerait en interaction avec les sacrificateurs fardés en homme de Dieu.

Évidemment, les relations Haitiano-Dominicaines, sont marquées, plus récemment, par deux accrocs capitaux: l’arrêt 168-13 et cette exécution sur la place Ercilia Pepín de Santiago qui ne cessent guère de nous rabaisser. D’abord, c’était la « *Présidentite » dont souffrait Laurent Lamothe, le premier ministre d’alors, qui avait changé le débat sur cette décision inhumaine de multilatéral en bilatéral. À cet effet, les dominicains ont gagné et recouvré peu à peu leur crédibilité internationale; puis, ce crime crapuleux du mercredi 11 février qui vient de nous mettre encore à genoux.

En réalité, l’histoire contemporaine des deux républiques ne lègue que de déplorables souvenirs et du coté haïtien, les pleurs demeurent torrentiels. En 1937, on a essuyé la plus grande humiliation devant ce peuple dominicain sans origine fixe quand le président Stenio Vincent a qualifié d’« une jacquerie» le massacre de plus de 27 000 haïtiens par le tyran dominicain, Raphael Leonidas Trujillo et a accepté la dégradante indemnité de moins de 25 centimes par victime. De plus, les déportations massives et en série de Balaguer, les déclarations insolentes de Leonel Fernandez, les arrestations monstrueuses de la CESFRONT se joignent pour illustrer l’antihaitinisme révoltant qui ne doit point ravir le nationalisme haïtien.

Cet acte moyenâgeux du 11 février ne fait que confirmer un plan macabre d’une classe d’ignorants à Saint Domingue qui blâme Haïti pour tous les maux qu’a connus ce pays. Les dominicains ont été tous enseignés une histoire falsifiée par les historiens Roberto Cassá et Frank Moya Pons, par les présidents et hommes d’État Joaquin Balaguer, Carlos Morales Troncoso, Juan Bosh, Marino Vincho Castillo, Leonel Fernandez…qui leur ont présenté les haïtiens comme des envahisseurs, sous-estimant les aides légendaires des leaders haïtiens: Rivière Herard contre Boyer, Fabre Geffrard contre l’Espagne et Florvil Hyppolite à Ulysse Heureaux, pour en citer peu.

Certainement, deux raisons jupitériennes peuvent expliquer ces derniers agissements dominicains à l’égard des immigrants haïtiens: le préjugé et un complot mercantile. Le dominicain est celui qui nie totalement son ascendance africaine. Il préfère déterrer les arawaks lorsqu’il doit parler de son origine, alors que ces derniers ont été tous décimés sous les ordres espagnols, d’où les honteux vocables de l’espagnol dominicain : indiecito, indio, moreno, mais jamais negro. Le pire, certains d’entre eux se croient descendus des Iles Canaries pour prouver leur lien de consanguinité avec les membres d’équipage de Christophe Colomb (rire). C’est-à-dire, c’est un peuple bafoué d’une série de mensonges historiques. Et pour cause, l’haïtien est toujours perçu comme « souilleur »de race et d’inferieur. En témoigne le livre publié par le président Joaquin Blaguer, « La Isla Al Reves » (l’Ile à l’Envers).

Du même coup, certains analystes ont dénoncé une démarche cupide des multinationales d’armement, regrettant la perte du marché haïtien qui coïncide avec la dissolution décrétale de l’Armée d’Haïti, qui sont en train de créer une situation révoltante en République Dominicaine pour justifier la nécessité pour qu’Haïti reconstitue son armée budgétivore, mais toutes fois juteuse. Dans l’intervalle, demande à Michel Martelly combien de lobbyistes qui ont défilé à Port-Au-Prince lui conseillant de mettre en place une structure envisageant le retour d’Haïti sur le marché d’artillerie. Ces jeunes en uniforme basés à l’Artibonite, tant dénoncés par des voix démocratiques, est la genèse de la résurrection de la défunte Armée.

Ainsi, voilà les caractéristiques de la vraie mission des ultra-nationalistes dominicains. Ils sont divisés en racistes et mercenaires. Ce sont des parrainés de la Mafia de l’Armement et des nègres

à peau claire complexés et ignorants. Néanmoins, les gaffes haïtiennes sont aussi condamnables. Presque tous les affronts dominicains sont restés sans une vraie réponse haïtienne. Nous sommes leurs premiers partenaires commerciaux. D’une part, une éventuelle fermeture de la frontière leur infligerait une perte au bain de Marie. D’autre part, le gouvernement peut décourager les étudiants haïtiens de fréquenter les universités dominicaines par un seul refus de validation de titre temporaire. Mais aussi, les importateurs haïtiens doivent envisager d’autres pays à court terme et d’investir dans la production nationale à moyen terme.

Autrement dit, la solution du problème est là. Verser de larmes de crocodile est abjecte. Agissons maintenant ! L’heure est au patriotisme. La vraie justice à ce jeune haïtien, Jean Claude Harry, pendu se trouvera dans des réponses du genre nationaliste. Arrêtons nos hypocrisies! Ceux qui continuent d’acheter des maisons en territoire voisin, ceux qui continuent d’étudier là-bas, ceux qui investissent dans les négoces dominicains, ceux qui leur achètent leurs poulets et leurs œufs chimiques et ceux qui fréquentent leurs hôtels sont aussi des complices.

 Jean-Rony Monestime André,
Secrétaire Général Adjoint de l’INFINI
BA en Conn. Générales,
BS en Médecine Nucléaire,
Maitrise en Gestion de Santé,
Doctorant en Santé Publique

Sources :

  1. 1.« Haïti : El Drama Nacional », Jean Ghasmann Bissainthe, 2012
  2. 2.«La Isla Al Reves
  3. 3.« Les Présidents Dominicains d’Origine Haï» Jean-Rony Monestime, Tout-Haïti, octobre 2013
  4. 4.« Raices Haitianos en Santo» Frank Moya Pons, Revista Rumbo, 18 janvier 1999.