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Première grande victoire de l'opposition anti-Martelly, elle a atteint le palais national - What Next ?

12-05-2014-manifestation devant palais

Michel Martelly spécialiste en création de crises inutiles avait fait du palais national une cible imprenable que les manifestations contre son régime voulaient à tout prix atteindre. La police nationale bras armé du régime avait utilisé contre les manifestants anti Martelly et anti Lamothe tous les moyens forts, gaz lacrymogène, tir à balles réelles et canon à armes chimiques dont personne autre que les autorités ne connait la composition.

En plus du mécontentement populaire, grandissant et généralisé, le régime vient de s'aliéner la sympathie et ajouter au nombre de ses ennemis le mouvement rastafari (des Rasta) au nombre duquel nous pouvons cité des artistes bien connu tels que Fredo de Kanpech , don Kato de Brothers Posse, Lòlò de Boukman Eksperyans et bien d'autres.

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La protestation atteint le palais national

Les protestataires de l'opposition ont pu manifester vendredi devant le siège de la présidence pour réclamer le départ du président Martelly. Ils étaient plusieurs milliers à défiler dans les rues de Port-au-Prince à l'appel de plusieurs organisations de l'opposition.

Réclamer le départ de Martelly devant le palais national, le rêve longtemps caressé par les manifestants de l'opposition est devenu réalité vendredi. Après avoir pris de vitesse les forces de l'ordre dans l'aire du Champ de Mars, les milliers de contestataires qui ont défilé dans les rues ont réclamé le départ du pouvoir Tèt kale devant le siège même de la présidence. Chants, danses, scènes de liesse devant les ruines du palais présidentiel, les manifestants ont profité pleinement de cette opportunité pour dire non au pouvoir en place. Certains s'allongent à même le sol pour exprimer leur joie face à ce que les leaders de l'opposition considèrent comme une victoire.

« Après trois années de lutte, nous sommes pour la première fois devant le palais national, ce qui signifie que Michel Martelly n'est pas loin de tomber », a déclaré l'avocat André Michel, le visage rempli de satisfaction. Aujourd'hui c'est une bonne partie de la population qui demande à Martelly de partir, s'il ne le fait pas, nous allons le renverser ».

C'était la première d'une deuxième série de manifestations de l'opposition, baptisée opération Burkina-Faso, phase II. Ces organisations réunies au sein de plusieurs groupements entendent maintenir la mobilisation pour obtenir le départ de l'équipe Tèt Kale. « Aujourd'hui, nous sommes dans les rues pour dire au pouvoir Martelly-Lamothe qu'on en a assez, martèle l'ancien sénateur Louis Gérald Gille qui a fait le parcours. Nous disons aujourd'hui au président Martelly s'il n'a pas le courage de mettre de côté son ami Laurent Salvador Lamothe, le peuple le renversera avec lui », a déclaré le docteur Gérald Gille.

La manifestation qui a débuté aux environs de 11 heures du matin au boulevard La saline et au Bel-Air n'a pas mis longtemps pour attirer la grande foule. « A bas Martelly et Lamothe, nous n'irons pas aux élections avec ce pouvoir », peut-on lire dans les pancartes brandies par les manifestants qui sont de plus en plus nombreux. Chacun a sa manière d'exprimer ses revendications orchestrées par les bandes rara qui créent l'animation sur tout le parcours.

La Saline, Bel-Air, Solino, Sans-fil, Carrefour-Feuilles sont entre autres quartiers sillonnés par les protestataires avant de mettre le cap sur le centre-ville. Arrivés près de la primature, au boulevard Harry Truman, ils se sont pris particulièrement au Premier ministre Laurent Lamothe. Des effigies présentant le chef du gouvernement défiguré sont brandies par les protestataires.

Sur tout le parcours, les contestataires ont lancé des propos hostiles au chef de l'État, au Premier ministre et à tout le gouvernement. Ils dénoncent la misère, la mauvaise gouvernance et la corruption au sein du pouvoir en place. « Sa Mateli te ye pou nou pa voye l ale », scandent des protestataires qui affirment que le président Martelly ne devrait pas voir 2015 au pouvoir.

Quittant le boulvard Harry Truman, les milliers de manifestants ont mis le cap sur le Portail Léogane. Ils s'en rendent ensuite à Carrefour-Feuilles avant de redescendre sur le Champ de Mars via la rue Capois. Ils se sont arrêtés devant l'ambassade de France pour dénoncer l'ingérence étrangère dans les affaires du pays.

« 210 ans après notre indépendance, nous voulons dire à l'Etat français que notre pays est souverain et qu'il cesse de s'ingérer dans nos affaires internes », affirme Assad Volcy. « Nous avons un pays souverain, nous voulons avoir aujourd'hui des dirigeants capables de traiter avec les étrangers », a ajouté André Fardeau sur le même thème. C'est après avoir laissé l'ambassade de France qu'ils se sont précipités vers le siège de la présidence déjouant les dispositifs de sécurité mis en place par les unités de la police nationale.

Tout ne s'est pas terminé devant le palais national. Après avoir laissé les lieux sous l'insistance de la police, des manifestants ont déposé des barricades enflammées dans plusieurs rues conduisant au quartier de Bel-Air. Les unités anti-émeutes et les pompiers ont éteint les pneus enflammés et le calme revenait. Les organisations de l'opposition se donnent rendez-vous samedi pour une nouvelle manifestation.

Louis-Joseph Olivier

Source: Le Nouvelliste