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De Nos Drapeaux, un Drap

drapeau haitien pnh

L’histoire de drapeaux dans l’occident de l’Ile Quisqueya est d’une complexité singulière. Ceux qui avaient contesté le tricolore français, symbole de la déshumanisation de leur race, pouvaient à peine s’entendre sur un drapeau révolutionnaire, orgueil de leur lutte séparatiste et libératrice.

Chaque chef de bande avait dû concevoir un étendard particulier, question de revendiquer la paternité du mouvement et de proclamer l’autorité suprême sur les insurgés. À cet effet, ils sont nombreux les « baptiseurs » et concepteurs de drapeaux en Haïti. Bossales et/ou créoles ont eu un drapeau comme emblème de résistance. Lamour Dérance, Toussaint Louverture, Jean-Jacques Dessalines, Cangé et Henry Christophe ont tous opté pour un drapeau-model, sans exclusion de gout préféré et couleurs admirées.

Cette tradition a survécu à presque toutes les périodes d’histoire nationale. D’ailleurs, certaines présidences haïtiennes ont essayé de la rééditer récemment. En 1964, François Duvalier a vaillamment adopté le drapeau Dessalinien (noir et rouge), en pulvérisant le bleu et Rouge de Pétion. Cette page d’histoire, le pays l’a tournée en février 1986, au départ de Baby Doc.

Dans cet imbroglio de choix d’un drapeau national, Haïti vit rarement une ère d’entente sur l’authenticité de notre pavillon. Les ans 1801, 1802, 1803, 1804, 1805, 1806, 1964 et 1986 ont été tous querelleux dans l’histoire du drapeau haïtien. Les bannières des insurgés vers 1801-1802 ont contredit celui de l’Arcahaie en 1803; le drapeau de l’Arcahaie a réfuté celui de Cangé/Christophe en 1803 ; le drapeau de l’Empire Dessalinien du 1805, analogue au drapeau de Cangé/Christophe du 1803, a banni tout soupçon sur l’hypocrisie de la création du bicolore congressionnel de l’Arcahaie.

Autrement dit, le drapeau haïtien peut recenser une pléiade de modifications et de substitutions.

Dans l’intervalle, cette étoffe bi-colorée a été, maintes fois, souillée par des mains étrangères et sous-estimée par des nationaux, sous des pulsions politiques maladroites. Aujourd’hui, de sa nature de création, il reste peu. On a fait de ce drapeau un simple lainage. Ce n’est qu’un drap pour couvrir nos désillusions de peuple, après 213 ans d’aventures d’indépendance.

Jean-Rony Monestime André,
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BS en Médecine Nucléaire; BA en Conn. Générales
MHA-Master en Healthcare ; Doctorant en Sciences de Santé
Professeur à Seton Hall University, New Jersey

Référence:


 

  1. 1.Etienne, F., « Les Décorations d’Haï», 1963
  2. 2.

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