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Patrice Dumont a-t-il voté cette loi criminelle sur le bâillonnement de la liberté d’expression sous couvert de diffamation

patrice dumond

En tant que bloggeur prolifique et expérimenté, je ne saurais me taire devant le complot criminel des parlementaires visant à restreindre ou réprimer le droit à la parole des individus et des travailleurs de presse. Je comprends enfin pourquoi des têtes bien faites au parlement font des choix délibérés de soutenir des analphabètes fonctionnels pour des postes de sénateurs et de députés. Haïti est un pays « tèt anba » où des insensés font la loi. La culture de la corruption continuera à être un mal endémique qui gangrène la société haïtienne. J’ai pris le soin de lire et relire à plusieurs reprises cette proposition de loi criminelle, je me suis dit est-ce cette image que des hommes comme Patrice Dumont et Youri Latortue « ki li nan ti lèt fen » veut présenter à la société haïtienne. La proposition de loi est mal inspirée, on sent l’amateurisme dans le document. Je dois dire en passant qu’Haïti a grand besoin d’une loi sur la diffamation, mais elle ne peut pas être votée et adoptée à la va vite comme le font les abolotchos au parlement.

Pour avoir une loi viable sur la diffamation, il y a des pas positifs que la justice haïtienne doit faire d’abord. Est-il possible que plus de trois ans après avoir adopté la loi sur le blanchiment d’argent que personne n’ait jamais été condamné alors que récemment le Département de la Justice Américaine a indexé Haïti comme pays où les blanchisseurs d’argent agissent en toute impunité ? Est-il possible que des hommes qui sont issus de familles pauvres qui n’ont ni biens meubles et immeubles puissent s’enrichir en 2, 3 ans ? Est-il possible que des hommes qui sont pris en flagrant délit de kidnapping soient relâchés parce qu’ils sont liés à des hommes au pouvoir ? Est-il possible que des leaders politiques qui n’ont aucune activité rentable et qui disent servir le pays puissent mener un train de vie princier dans un pays aussi pauvre sans être questionnés par la justice ? Est-il possible que des hommes qui sont réputés trafiquants de drogue, blanchisseurs d’argent, contrebandiers puissent s’impliquer autant dans le financement des campagnes électorales ? Est-il sérieux qu’au sein du parlement, la majorité des parlementaires sont des déshonorables et ne sont pas qualifiés pour occuper une fonction aussi noble ?

Nous devons dire merci aux hommes de gauche qui ont occupé le terrain politique durant ces trente dernières années. Le peuple haïtien a été trop complaisant envers les politiciens. Voilà pourquoi aujourd’hui ces mêmes hommes qui ont piteusement échoué comme grands jouisseurs trouvent bon et bien de nous présenter des modèles de malfrats, d’incompétents et de filous fiéffés comme des honorables. Analysons les faits. N’est-ce pas vrai que les sénateurs et les députés ont tenu Jovenel Moise et Jack Guy Lafontant par la gorge pour obtenir les postes clés de leur administration ? N’est-il pas vrai que le président du Sénat Youri Latortue a présenté un rapport où des grands commis de l’Etat ont été indexé et que des pressions sont exercées au plus haut niveau pour ne pas les inquiéter ? N’est-ce pas vrai que Reginald Boulos avait déclaré au su et au vu de tous en 2015 qu’Haïti n’était pas prête pour faire un audit convenable sur les fonds du Petrocaribe ? N’est-ce pas vrai que deux milliards de dollars ont été dilapidés sans que le pays ait pu bénéficier d’infrastructures sérieuses ? N’est-ce pas vrai qu’Haïti est une plaque tournante de la drogue et que les politiciens sont en connivence avec les trafiquants de drogue pour faire tourner cette grosse machine ? N’est-ce pas vrai que la Cour Supérieure des Comptes a délivré des arrêts de débet à des ministres de l’Administration Martelly-Lamothe-Paul et que ces derniers cherchent à arrêter un deal avec les parlementaires pour leur donner quitus ? Est-ce que les parlementaires haïtiens nous prennent pour des canards sauvages ?

Le mal est déjà fait au Sénat de la République, repère de présumés assassins, d’incultes et de bandits, nous n’y pouvons rien. Toutefois, nous pouvons pressurer les députés et les porter à reculer face à ce plan macabre. Nous devons considérer tous ceux qui ont voté cette loi comme des ennemis du peuple, des ennemis de la démocratie et du progrès. C’est inconcevable qu’un homme de la trempe de Patrice Dumont, un homme sur qui bon nombre de concitoyens place leur confiance puisse cautionner une telle proposition de loi. La presse haïtienne fonctionne à l’image du pays certes. Des bandits de la plume et du micro disent n’importe quoi, n’importe quand pour gagner leur pain et se faire une santé économique, mais vous ne sauriez intimider tous les citoyens de bonne foi qui prennent leur courage à deux mains pour exposer et dénoncer les méfaits dans notre société. Comment les parlementaires qui sont indexés dans des actes de trafic d’influence puissent mettre des balises pour empêcher des citoyens responsables d’arpenter le chemin lumineux de l’état de droit ? Les parlementaires haïtiens ont prouvé avec cette proposition de loi portant sur la diffamation qu’ils ne défendent pas les intérêts supérieurs de la nation. Comment peut-on avoir foi au pouvoir législatif quand ils sont en connivence avec le pouvoir exécutif pour faire du tort à la nation toute entière ? J’invite les bloggeurs responsables et expérimentés, les journalistes qui n’ont rien à se reprocher et les citoyens sensés à joindre leurs flambeaux en faisceaux pour porter ces abolotchos du bord de mer à surseoir sur leur projet criminel. La corruption est un crime. Un corrompu, un corrupteur et un trafiquant d’influence sont des criminels à part entière. Nous devons combattre cette proposition de loi et questionner le leadership de Youri Latortue et de Cholzer Chancy qui définitivement, font un travail de sape au Bicentenaire au détriment de la démocratie et de l’état de droit que nous voulons construire en Haïti.

Je me demande si des parlementaires de la trempe des députés Jerry Tardieu, Jean Robert Bosse et Jude Jean de Boucan Carré pour ne citer que ceux-là accepteront de voter cette proposition de loi sans la remettre en question. Nous devons responsabiliser nos décideurs politiques et leur faire comprendre qu’ils ne sont pas au-dessus de la loi et qu’ils sont suivis. Je m’astreins au code déontologique de la presse, je respecte les lois établies, mais je ne serai intimidé par quiconque. Les parlementaires abolotchos peuvent voter des lois sur la diffamation autant qu’ils veulent, mais ils ne pourront jamais empêcher les hommes de bonne volonté à agir pour le bien-être de leur communauté. Soulevons un débat sérieux pour faire obstacle, non seulement à la diffamation, mais aussi à la corruption endémique.

Kerlens Tilus 03/25/2017
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