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Culture & Société

Duel sur Facebook entre Frantz Duval et Stephen William Phelps sur le dossier TonyMix Ambassadeur de la culture Fè Wana Mache. (Épisode 1/4)

frantz duval william stephen phelsFrantz Duval du Nouvelliste - Stephen William Phelps

C’est toujours difficile à un media de faire un reportage ou de publier des informations sur un confrère quand ce dernier devient malgré les circonstances le sujet de la  nouvelle (du News) elle-même. Tout a commencé à la suite de l’élévation au rang d’ambassadeur de la culture haïtienne du très populaire mais controversé DJ Tony Mix de son vrai nom Tony Mahotière spécialiste en " Fè wana Mache, Chawa mixées de BòDèGèt ", certains diront de la culture " Ti sourit "qui encourage le Zokikisme. Cette nomination par le nouveau maire « élu » de Carrefour Jude Edouard Pierre qui soit dit en passant a été avant son élection un agent exécutif nommé par Michel Martelly à la tête de la mairie de Carrefour a mis le feu aux réseaux sociaux.

Frantz Duval rédacteur en chef du journal Le Nouvelliste a comme d’habitude publié un éditorial qui est en fait la position du journal, traduisant sa compréhension et ses réflexions sur ce sujet qui défraie les chroniques et enflamme les réseaux sociaux a un point tel qu’il y a une pétition online ou des internautes demandent au Maire Jude Edouard de rescinder cette distinction de Tony Mix qui selon eux est une insulte au nom de la moralité car le promoteur de la cutlture Zokiki ne mérite pas le même Titre que le célèbre icone de la culture nationale Frank Etienne.

Frantz Duval a titré son éditorial du 4 Juillet 2016  et nous citons " Monsieur l'ambassadeur, surprenez-nous !!! "

Cet éditorial dont nous laissons le soin à nos lecteurs d’en faire la lecture eux-mêmes a été reçu par une réponse cinglante de Stephen William Phelps et nous citons «  Pure Bull Shit Frantz Duval ! Vous Encouragez seulement le Dévergondage ….

Tout Haiti vous invite à lire l’éditorial de frantz Duval qui a déclenché le courroux de Stephen William Phelps que nous publierons dans l’ (épisode 2) de cette série. Mais ce qui a été le plus surprenant c’est que Frantz Duval était obligé de répondre à l’assaut de Phelps en utilisant non pas le Nouvelliste mais un post sur son mur Facebook. Dont nous publierons dans l’ (épisode 3) et suivi sans plus tarder (épisode 4) par la réponse à la réponse de Frantz Duval par Stephen William Phelps qui revendique son droit d’être, comme l’éditorialiste, critique envers et contre n’importe qui.

Monsieur l'ambassadeur, surprenez-nous !!!

Depuis samedi, fleurissent sur les réseaux sociaux des réactions à la nomination du DJ Tony Mix au rang d’ambassadeur de la culture pour la commune de Carrefour. Des comparaisons courroucées entre Franckétienne et Tony Mix, tous deux ambassadeurs de la Culture, ont particulièrement retenu l’attention.

Si lors de la nomination de Franckétienne ambassadeur de la culture par le ministre Marc-Aurèle Garcia il y avait eu autant d’applaudissements pour cette consécration qu’il y a aujourd’hui d’indignation pour la désignation de Tony Mix, peut-être que le maire de Carrefour aurait réfléchi à deux fois avant de faire sa proclamation.
Peut-être.

Si on n’avait pas attendu les 80 ans de Franckétienne pour le nommer ambassadeur de la culture, plus de compatriotes auraient-ils compris que cela ne représente pas un ultime hommage, mais doit être un encouragement à prendre la main des débutants ou à prendre en main des pans de notre culture ?
Peut-être.

Mais on ne saura pas.

Nous ne nommons que très rarement des ambassadeurs pour de bonnes causes. Tout comme nous n'honorons que trop rarement ceux qui le méritent. Le maire de Carrefour a pris sur lui de désigner trois ambassadeurs culturels pour sa commune et il s’est expliqué fort bien.

Dans ce tollé médiatique soulevé par sa décision, il est à craindre que ce ne soit pas tant l’indigence culturelle qui inquiète, mais l’élévation de  Tony Mix, d’Alcibiade et de Salina Charles au rang d’ambassadeur qui contrarie. Dommage que les hochets honorifiques cachent si bien le désert!
On peut citer à l’infini la liste de ceux que nous n’aimons pas assez pour les porter au pinacle. La liste est encore plus longue quand on y ajoute ceux et celles devant qui nous ne nous sommes jamais courbés avec reconnaissance. « À chacun, selon ses mérites » est un sport que nous ne pratiquons pas en Haïti.

Tout artiste, tout créateur, tout innovateur risque d’être un jour dans la ligne de mire de la bonne société ou de ne jamais se retrouver sur la courte liste des MVP de la culture haïtienne de leur vivant parce que nous ne cataloguons pas efficacement nos ressources.

De Lumane Casimir à Azor, de Rose-en-fer à Max Beauvoir, d’Hector Hyppolite à Bernard Séjourné, de Ti Manno à Coupé Cloué, des plus humbles aux plus populaires, à qui la République a-t-il payé un hommage de son vivant ?
La musique racine ou le rap, la peinture naïve ou le mouvement des Atis Rezistans de la Grand-rue, Languichatte et toutes les formes de théâtre populaire, le lalo et les délices de la cuisine populaire, ces cinquante dernières années, rien de cela n’a eu l’air de nous plaire avant de s’imposer à nous.
Pour rester plus proche de nous, le compas direct, oui, notre fameux compas direct, quand a-t-il eu les hommages de la République ? Qui a fait de Nemours Jean-Baptiste ou d’un musicien haïtien évoluant dans le genre le plus prisé par la nation un ambassadeur de la culture haïtienne ? Personne. Même pas le chanteur-président.


Tout observateur attentif de la scène de nos regrets constate quotidiennement comment en Haïti les traditionnalistes sont en retard d’une cause, d’une bataille, d’un regard sur l’évolution de la société haïtienne. Qui soulignera que Tony Mix, comme tant d’autres avant lui, s’alimente du vide que vous leur laissez, Mesdames et Messieurs les censeurs?

Le rabòday, le grivois, le léger, le san-pye-ni-tèt tiennent le haut du pavé malgré et à cause des spécialistes en réactions indignées, des distillateurs des parfaites expressions de la nostalgie, tous ambassadeurs de l’inutile et de l’accessoire.

Pour finir, méditons un instant cet extrait de l’Evangile selon Matthieu : « Non, dit-il, de peur qu’en arrachant l’ivraie, vous ne déraciniez en même temps le blé.
Laissez croître ensemble l’un et l’autre jusqu’à la moisson, et, à l’époque de la moisson, je dirai aux moissonneurs: Arrachez d’abord l’ivraie, et liez-la en gerbes pour la brûler, mais amassez le blé dans mon grenier. »

Mesdames et Messieurs, semez, semez plus, encore et encore, dans le champ de la culture et, un jour, la moisson de blé sera plus significative que celle de l’ivraie.

En attendant, bienvenue, Monsieur l’ambassadeur!
Votre mandat est d'une année.

Surprenez-nous.

Frantz Duval
Source: Le Nouvellliste 4 Juillet 2016